Né en 1938 à Bresso, près de Milan, Antonio Recalcati est un artiste majeur de la seconde moitié du XXème siècle. Connu d’abord en tant que peintre de la Nouvelle figuration à Paris, il est ensuite rattaché plus particulièrement au mouvement de la Figuration narrative.

 

Sans formation artistique, il se fait remarquer dès la première moitié des années 1960 par ses « Empreintes » (Impronte), des peintures réalisées en appliquant directement sur la toile et dans l’huile son propre corps ou bien des vêtements vides (chemises, slips, maillots de corps). Ce procédé est alors d’une totale originalité. Il est porteur d’une charge expressionniste inédite, et il devient énigmatique lorsqu’il est combiné à des formes abstraites ou à des dispositifs narratifs (espace de la toile séparé en plusieurs cases, telle une page de BD).

 

Exposé à la fois en Italie ; à Paris dans les salons et les galeries (galerie Mathias Fels, galerie Claude Levin, galerie André Schoeller) ; à Bruxelles (galerie Smith, galerie Lanzberg) ; à New york (Odissey gallery) ; il  participe à des expositions historiques telles que : Mythologies quotidiennes (Paris, 1964) ; Figuration et Défiguration, de Picasso à nos jours (Gand, 1964) ; La figuration narrative dans l’art contemporain (Paris, 1965)

 

Durant ces mêmes années, il se lie d’amitié avec des poètes (Jacques Prévert) et des romanciers (Dino Buzatti), et il participe - avec d’autres artistes à l’instar de Gilles Aillaud, Eduardo Arroyo, ou encore Jean-Jacques Lebel - à plusieurs œuvres collectives devenues emblématiques de l’engagement d’une nouvelle génération de peintres : Grand Tableau antifasciste (MAMC de Strasbourg) ;  Vivre et laisser vivre ou la Fin tragique de Marcel Duchamp (Museo Reina Sofia à Madrid) ; Une passion dans le désert (MAM de Paris)

 

Acteur clé du foyer pictural parisien, il expose à plusieurs reprises dans les années 1970 au Musée d’Art Moderne de Paris ainsi qu’au Centre National d’Art Contemprain et au Centre Pompidou.

Il assurera également le dialogue avec d’autres scènes artistiques en se rendant à plusieurs reprises à Londres et à New York, et en multipliant les aller-retour vers l’Italie (où il se consacrera à la céramique dans les années 1990).

Son œuvre, entre intime et politique, offre une réflexion singulière sur le rapport au monde des êtres humains, presque toujours représentés sous formes de reflets, d’ombres ou d’empreintes, aussi présents qu’absents.

Antonio Recalcati est représenté dans de nombreuses collections muséales en France et à l’étranger (Centre Pompidou-MNAM ; MAM de Paris ; CNAP ; MAMC de Strasbourg ; MAMAC de Nice ; Musée des Beaux-Arts de Dôle ; Musée d’Ixelles ; Museo Reina Sofia...), ainsi que de grandes collections privées (Collection Eric de Rothschild, Fondation Gandur pour l’Art, Fondation Maeght).